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Christian, un habitué des voyages paramoteur m’a proposé de rejoindre Christophe, un ami commun installé au Sénégal depuis 1 an.
Pour un premier voyage du genre, avoir un ami sur place était très rassurant.
Christian connaissant cette destination pour y avoir volé quelques années avant, avait une idée bien précise du périple.
Préparatifs :
L’emport de moteurs étant interdit il nous a fallu démonter culasse et cylindre, nettoyer toutes les pièces pour qu’elles soient exemptes de traces d’hydrocarbure.
Nous avons placé nos paramoteurs dans des sacs légers et banalisés que nous avions rembourrés de carton et papier bulle.
Matériel emporté :
H&E R-80 light
Miniplane Thor 100
ITV Thanka
ITV Annapurna
ITV Dolpo
ITV Awak 18
Outils et pièces de rechanges

Les parents de Christian faisaient partie du voyage et nous ont permis de répartir tout ce matériel dans les différents bagages.
Le passage à la sécurité de Fontarabie a été une formalité.
A l’arrivée à Dakar, nous avons pris un porteur en lui précisant que nous ne voulions pas nous arrêter à la douane et c’est passé comme une lettre à la poste.
C’est l’Afrique et le bakchich est usuel…

Le lendemain, après avoir pris possession du 4X4, direction le lac Rose.
Arrivés sur place, beaucoup de vent pour voler. Nous en profitons pour monter les machines et nous installer. En fin de journée, nous décidons d’aller tout de même voler. Je me lance pour tester la masse d’air. Je décolle avec le R. 80 et l’Awak 18 mais je suis skoché et ça turbule. Mes 95 kg ne suffisent pas à me faire pénétrer la masse d’air et je fais du surplace lorsque que j’atteins 50 m de hauteur.
Nous attendons le lendemain matin pour faire un vol, encore venteux mais sain. Une brume rend le paysage un peu terne mais le dépaysement est au rendez-vous. Nous survolons des cases en terre, des puits, des baobabs ! Nous y sommes…

Petites balades à pieds et en 4X4 sur les dunes de sables séparant le lac Rose de l’océan en attendant que le vent baisse. Les conditions ne semblent pas vouloir évoluer, le vent sera de la partie toute la semaine. Nous prenons la route pour le Siné Saloum, un delta de mangroves à 200km au sud de Dakar.

Là encore trop de vent et la nuit va tomber… Christian se prépare pour un vol en biplace mais lorsqu’il me voit fermer à plusieurs reprises, décide de plier son matériel.
Sage décision, je me pose et je fais de même. Nous remettons le vol au matin et décollons au lever du soleil.
Encore beaucoup de vent… nous sommes obligés de voler à 2 mètres du sol sur le sable au bord du fleuve. Nous sommes protégés du vent par la forêt.
Il ne faut pas prendre de la hauteur car il y a bien évidemment des turbulences dans le vent de la forêt. Le lendemain, nous remontons le delta contrés par le vent qui ne baisse pas…
Nous arrivons aux puits de sel où nous nous posons quelques minutes mais le vent se renforce ! Il faut vite repartir, vent de cul cette fois.
Nous prenons de la hauteur pour admirer le delta et ses ilots de sable et de mangroves.
Les paysages sont magnifiques et c’est grisant de les voir défiler aussi vite !
Nous partons pour Foundioune par des pistes repérés sur Google Earth et intégrées dans le GPS.
Malgré quelques détours imposés par les méandres du fleuve, nous arrivons au bac. Il faudra attendre le prochain dans 2h. Le 4X4 de Christophe nous lâche et c’est en poussant qu’il monte dans le bac.
Nous le laissons chez un garagiste pendant que nous cherchons un hôtel. On a trouvé la perle rare ! Un hôtel en bord de plage nous offrant un beau déco…
Nous ne tardons pas à décoller et les conditions sont très saines.
Cet endroit est magnifique ! Le vent venant de l’autre côté du fleuve n’est plus si fort, ni turbulent.
Chacun y va de ses hypothèses (vent lissé par la largeur du fleuve sans obstacles, masse d’air plus fraiche sur l’eau faisant un écran au vent météo plus chaud, phénomène de brise déviant le vent météo…) peu importe ! Le fait est que nous allons enchainer les vols du matin au soir, dans une aérologie très saine alors que le vent météo n’a pas baissé !
En plein après-midi, les thermiques ne sont pas très violents.
Nous voyant voler ainsi, les enfants nous suivaient partout. Lors d’un vol, Christian qui faisait voler son père, s’est posé au milieu de nulle part.
Plus de 300 enfants ont accouru des alentours pour se masser autour de la voile.
J’ai dû faire la police pour leur permettre de repartir.
Voyant l’intérêt des enfants pour le vol, nous avons organisé un tirage au sort devant l’hôtel où une cinquantaine d’enfants nous attendaient. Les 10 gagnants auraient droit à un vol ! Comme tous les enfants, ils étaient difficiles à canaliser il a fallu hausser le ton !
Christian et moi avons finalement fait voler 17 enfants dans la soirée pendant que Christophe se chargeait de gérer les dizaines d’autres espérant aussi être de la partie.
Nous n’avons pas renouvelé l’expérience de peur de nous faire déborder…
Au grès de nos vols, nous avons découverts des endroits superbes, en particulier les puits de sel ressemblant à une palette de peintre.
Un voyage riche en couleur qui touche à présent à sa fin, il faut maintenant tout démonter et nettoyer.
Le passage à la sécurité de Dakar a été plus délicat…
Alors que tous les passagers avaient embarqué, j’ai été appelé pour expliquer quel était le contenu de mon sac.
Lorsque le mot paramoteur m’a échappé, cela a bien failli nous causer de gros problèmes… Les agents de la sécurité m’ont demandé s’il s’agissait d’un moteur et j’ai bien sûr nié, en parlant d’un parachute… Alors que je m’empêtrais dans des explications vaseuses, j’ai sorti mon PC pour leur montrer des photos d’un paramoteur en vol.
Et là, ils n’ont pas vu de moteur mais des voiles de couleurs survolant des paysages splendides.
Ils ont été émerveillés en particulier par les puits de sel vus du ciel !
Ces photos nous ont tiré d’un mauvais pas.