Patrouille de France à St Jean de Luz les 18 et 19 mai 2012

Partager
Une fois de plus, la patrouille de France va effectuer des vols au dessus de la baie de St Jean de Luz les 18 et 19 mai prochain.

Le 18 mai de 17H15 à 20H00, entrainement de la patrouille de France et de l’équipe de voltige de l’armée de l’air.

Le 19 mai de 16H45 à 19H30, démonstration du Dauphin, de la patrouille de France et de l’équipe de voltige de l’armée de l’air.

Un spectacle à ne pas manquer!

Cela va sans dire que tout vol est interdit autour de la baie de St Jean de Luz pendant les créneaux de vols de la patrouille de France 😉

Développement durable: l’article de paramoteur+ n°7 sur le bilan carbone de Paramoteur 64

Partager

Vers le paramoteur durable 

Par ces temps de crise climatique et énergétique, le paramoteur, comme tous les sports motorisés est pointé du doigt. Alors qu’il est de bon ton de se draper de vert, notre activité subit de plein fouet, en raison de sa pétrodépendance, les critiques des défenseurs du climat et la flambée des prix de l’essence. Si les progrès à accomplir sont immenses, notre activité peut se révéler parfois plus écolo-compatible que les gens ne le pensent. L’école Paramoteur 64  s’est dotée la première d’indicateurs concrets en réalisant son Bilan Carbone, afin d’inventer le monde d’après. Revue.

Par Vincent Chanderot, expert bilan carbone, CarboneScope

Plusieurs dizaines de gaz à effet de serre (GES), dont le méthane, le protoxyde d’azote et les gaz réfrigérants, contribuent au changement climatique. Le premier d’entre eux est le dioxyde de carbone (CO2) issu de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Tous les modèles proposés par les chercheurs du GIEC s’accordent sur une très nette augmentation, sans réaction efficace de notre part, des températures en Europe avec leur corollaire : pluies, tempêtes, catastrophes naturelles, sécheresses, extinctions d’espèces, famines, menace sur des secteurs économiques… La tendance actuelle nous mène à une augmentation de presque 5 °C en 100 ans, soit la température qui nous sépare de la dernière glaciation, pendant laquelle la banquise courait jusqu’au pays Basque, mais qui s’est mise en place en plusieurs milliers d’années. 

Notre pays s’est engagé via le facteur 4 à diviser ses émissions de gaz à effet de serre par quatre avant 2050, afin de limiter le changement climatique et de se préparer à l’énergie chère. Avec le crédit disponible de 1,7 tonne d’équivalent CO2 chacun, nous pourrions aujourd’hui SOIT parcourir 10 000 km en petite voiture, SOIT chauffer 85m2 pendant un hiver, SOIT faire un A/R à New-York… et rien de plus ! Un immense bond technologique etant peu probable et déjà tardif, il faudrait dès aujourd’hui développer de nouveaux automatismes dans nos façons de consommer et de se déplacer.

La dissuasion du pétrole

Ce parcours semé d’embuches devrait être favorisé par la source de tous nos maux, le pétrole, dont la pénurie se profile doucement : s’il est urgent de consommer moins d’énergie pour des raisons environnementales, ça l’est tout autant  pour des raisons financières. La raréfaction de la ressource devra mener le pétrole à des prix prohibitifs, ce qui ne sera pas sans conséquences sur notre monde totalement petro dépendant, du paramoteur au steak haché… C’est tout l’enjeu du Bilan Carbone de la filière ULM : émettre moins de gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique et garantir un loisir encore accessible à tous lorsque l’essence vaudra 3, 4 ou peut-être 5 € le litre grâce à une anticipation précoce.

Le déni

Le monde du paramoteur est peu ouvert à la question environnementale, non qu’il ne s’en soucie pas, mais plutôt parce que, pas plus que la majorité de la population, il n’est disposé à remettre en cause son plaisir. Une réaction habituelle est le défaussement sur le premier bouc émissaire venu, par exemple sur les tondeuses à gazon. Il n’est pourtant pas question ici de savoir qui pollue le plus, mais comment polluer moins. Il s’agit de trouver dans chacune de nos activités, à fortiori celles de loisir qui seront les premières remises en cause, les moyens d’être plus sobre pour multiplier les économies d’échelle.  A sa décharge, le paramoteur peut s’avérer une alternative sobre à certaines pratiques.Le Bilan Carbone d’une agence de  prises de vues aériennes révèle qu’un shooting en biplace pollue au minimum six fois moins qu’en hélicoptère léger, consommation et amortissement du matériel compris, sans même compter la distance depuis l’héliport le plus proche.

Le paramoteur peut aussi s’avérer être une alternative sobre au parapente. En effet, il faut compter 45 kq eq CO2 pour une sortie parapente avec 2 heures de vol pour un citadin des plaines, lequel devrait parcourir 120 kilomètres pour se rendre sur le site,  quand le paramotoriste émettrait pour le même temps de vol 30 kg eq CO2, carburant et amortissement du matériel compris en se rendant sur un terrain par définition plus proche, à 25 kilomètres.

Bilan Carbone

Une étude menée sur les utilisateurs de la base de Paramoteur 64 montre que les  déplacements sont la principale source de pollution, puisque les émissions liées à la voiture dépassent celles engendrées par une heure de vol dès que le terrain est distant de plus d’une quinzaine de kilomètres.

La fabrication d’un paramoteur est à l’origine d’émissions de GES variables selon la provenance et la technologie de l’aluminium. L’empreinte carbone du métal obtenu par électrolyse peut varier d’un facteur 1 à 10 selon l’origine hydraulique ou charbonnière de l’électricité utilisée. La production d’aluminium recyclé, consomme 95% d’énergie en moins que celle de métal issu de l’extraction du minerai de bauxite. Rares sont pourtant les constructeurs à connaître ou s’intéresser à l’histoire des matériaux qu’ils utilisent. Il faudrait compter, en intégrant le transport, environ 80 kg de CO2 pour un paramoteur s’il était fabriqué à partir d’alu 100% recyclé en France à six fois plus pour le même appareil construit en Chine en métal de première fonte. Les composites sont parfois loin d’être négligeables. La conception d’une hélice en fibre de carbone libère 100 fois plus de gaz à effet de serre qu’une hélice bois. Si ces émissions de CO2 à la fabrication sont rapidement dépassées par celles émanant de l’utilisation, les possibilités de construire plus propre ne sont néanmoins pas à négliger, car la reproduction de ces économies représente des quantités considérables et la possibilité d’affranchir peu ou prou l’équipement de la flambée des prix de l’énergie et des matières premières.

 Economies d’énergie

Le travail de toujours sur la réduction du poids et de la consommation a été animé par des motivations ergonomiques et économiques. Il se répercute, quoique inconsciemment, sur la composante écologique du vol moteur, dont la prise de  conscience est récente. Les progrès sur le bruit des moteurs et des hélices doivent également avoir des répercussions éconologiques positives, puisqu’en réduisant les nuisances sonores, ils permettront de multiplier des sites de vol de proximité donc de réduire de facto la facture énergétique. L’innovation en ULM est facilitée par un régime déclaratif beaucoup plus léger que celui, très contraignant et onéreux, des autres aéronefs, mais les moyens financiers sont malheureusement limités par la dimension des PME du secteur. Les recherches sur les moteurs devraient, selon certains constructeurs, permettre de réduire la consommation aux alentours de 1,5-2 L/h, notamment grâce à l’allumage et l’injection électronique, technologies qui ont toutefois un prix.

La motorisation 4 temps est plus propre, plus fiable et plus silencieuse tout en étant très performante comme le prouvent ses résultats en compétition. Elle n’est pourtant que très peu utilisée par les paramotoristes du dimanche en raison de son poids important et personne ne s’est vraiment penché sur le GPL, qui augure d’excellentes performances. Les tentatives d’introduction sur les moteurs 2 temps dans le nautisme ont aujourd’hui quasiment toutes disparues… faute de techniciens compétents suffisamment nombreux !

La fée électricité ?

La propulsion électrique nourrit beaucoup d’espoirs, parce qu’elle est moins bruyante et dans l’esprit des gens moins polluante. Ses détracteurs dénoncent le manque d’autonomie et la pollution générée par les batteries. Seul un Bilan Carbone comparé des deux filières permet d’avancer des conclusions grâce à la détermination des émissions de CO2 par heure de vol.

La fabrication et la fin de vie des batteries (technologie Li-ion) sont des processi complexes, dont l’empreinte carbone ne fait pas consensus, puisque les valeurs des ACV (analyses de cycles de vie) proposent 100 kg à … seulement 6 kg de CO2 par kg de batterie. La valeur la plus fréquente amène à 325 kg de CO2 pour les 13 kg de batteries embarquées sur un paramoteur. En considérant une durée de vie raisonnable de 1 500 recharges (2000 annoncées par le constructeur), elles permettent environ 750 heures de vol. Chaque recharge consomme 3 kWh, en incluant les pertes, ce qui, selon l’origine de l’électricité, correspond à des émissions de 0,5 kg eq CO2 par heure de vol en France ou jusqu’à onze fois plus en Australie par exemple, dont l’électricité est tirée du charbon. Pour  comparaison, la consommation de 3L de mélange libère 8,5 kg eq CO2. En rapportant fabrication et consommation à la durée de vie de l’appareil, le paramoteur électrique émet environ 1 kg de CO2/heure quand le paramoteur thermique culmine à 9 kg/h (construction européenne avec 20% de métaux recyclés). En retenant les données les plus défavorables pour les batteries, le modèle électrique reste très performant avec 2 kg CO2/h.

Il est faux d’affirmer que le paramoteur électrique est à l’origine de « zéro émissions », à fortiori quand la recharge est faite en heures de pointe ou au groupe électrogène, mais le gain environnemental est certain sur le critère carbone. Parmi les points noirs, l’absence de filière de recyclage à grande échelle des batteries, l’accroissement de la demande sur l’énergie nucléaire et la consommation considérable d’eau dans des régions extrêmement sèches (Atacama) pour la production de lithium. Les émissions importantes à la fabrication des batteries les plus polluantes exigent une utilisation soutenue de l’appareil pour les amortir, ce qui est pour l’instant difficilement compatible avec leurs performances : elles sont compensées par leur consommation réduite à partir de 150 heures de vol (soit 300 sorties), aussi s’il s’agit de voler un peu par-ci par-là, l’investissement n’est peut-être pas très rentable écologiquement. L’émergence de batteries plus performantes, si elle arrive, signera probablement la levée de tous les freins, car certaines technologies telles que le Li-air promettent sur le papier une densité énergétique potentielle de 5 kWh/kg, soit une autonomie de deux heures de vol dans un seul kg de batterie! Sur le plan financier, un calcul rapide montre que le paramoteur électrique est déjà compétitif : il en coûte aujourd’hui, sur la vie entière du moteur thermique en incluant le SP 98 et l’huile environ 22€ de l’heure, quand l’électrique varie de… 14 € à 24€/h! Ce, sans même considérer les coûts de l’entretien très réduits du moteur électrique, dont l’espérance de vie peut dépasser plusieurs milliers d’heures. Et il y a fort à parier que la position du vol électrique se renforcera avec le prix de l’essence, malgré l’augmentation prévisible des tarifs de l’électricité et des possibles tensions sur les marchés du lithium et des terres rares (néodyme notamment).

 Dans la finesse

Les performances des voiles actuelles offrent une meilleure finesse pour une taille identique, ce qui a permis une diminution des surfaces (donc de la quantité de matière première). La consommation étant inversement proportionnelle à la finesse de l’aile, il est très intéressant de l’améliorer, sans nuire toutefois à la sécurité, d’où la nécessité de trouver le meilleur compromis. La mode des petites voiles offrant une meilleure maniabilité n’a pas de sens en balade, parce qu’elle ne correspond pas à la pratique de la grande majorité et qu’elle est à l’origine d’une surconsommation importante. Les profils reflex, en réduisant la surface utile vont dans cette même direction.

La question de l’utilisation de matériaux recyclés pour les toiles à spi ainsi que leur fin de vie s’est posée dans le nautisme. Aucun tissu naturel n’est apte aujourd’hui à remplacer le polyester ou le polyamide, quoique ces matériaux existent sous forme recyclée, avec toutefois des performances insuffisantes pour une telle utilisation. La meilleure chose à faire actuellement est de prendre soin de sa voile et surtout de la stocker bien sèche pour éviter qu’elle ne devienne poreuse. L’exposition aux UV est également à éviter, tout comme les insectes cracheurs d’acide.

 Un petit pas pour l’homme

Paramoteur64 a développé tout un portefeuille d’initiatives simples pour réduire son bilan carbone. Sur le premier poste d’émissions, les transports, les déplacements « pour voir si ca vole » et rester finalement cloués au sol ont été éliminés grâce à l’installation de balises météo et de correspondants sur place, ainsi qu’une formation accrue des usagers à la compréhension des phénomènes météo locaux. Le covoiturage, érigé en dogme est facilité par la mise en place d’une plateforme communautaire sur internet. Chaque proposition de séance pour les élèves et les membres du club est systématiquement accompagnée d’offres d’autopartage.

Pour réduire les consommations, les moteurs sont entretenus et réglés régulièrement par un professionnel et volent correctement toilés. Les biocarburants un temps envisagés ont été abandonnés car ils usent prématurément les caoutchoucs et ne présentent pas d’avantage significatif. L’école a optimisé son environnement en se  déplaçant sur un terrain au bord de la somptueuse corniche basque qui lui offre un soaring diminuant considérablement la facture énergétique et les nuisances sonores. Il est mis un accent particulier lors des formations sur la lecture de l’aérologie, afin d’éviter aux élèves de s’exposer à des situations  embarrassantes telles que les dégueulantes, qui exigent de monter dans les tours pour se rétablir.

Les élèves se voient également confier en cours de formation un variomètre ou un altimètre, afin de visualiser la dose de gaz tout juste nécessaire à la tenue d’un vol en palier.

La consommation étant directement liée au PTV, les compagnes de certains pilotes en surpoids soutiennent le projet de réduire les viandes rouges et fromages lors des repas sur le terrain, avec un triple bénéfice, sachant qu’il y a 25 kg de CO2 dans une côte de bœuf, deux fois plus que dans l’aluminium!

Le matériel est un poste secondaire du bilan carbone de Paramoteur 64, il n’est cependant pas à négliger, en particulier parce que le fonctionnement d’une école influence souvent le rapport de ses futurs pilotes à leur matériel. Outre l’entretien minutieux, auquel sont associés les élèves, qui permet de prolonger la vie du matériel de dizaines d’heures, l’école offre aux pilotes brevetés la possibilité de voler sur ses appareils à un tarif très compétitif ou de partager des paramoteurs en multipropriété. La mutualisation des machines est économique et évite de surexploiter les ressources et de faire tourner les usines inutilement. Elle est tout à fait adaptée à une pratique loisir et en club.

La question du renouvellement des véhicules est récurrente pour l’école comme pour tous les pilotes.  Les véhicules propres n’existent pas et n’existeront jamais. Face à la tentation d’un camion flambant neuf moins polluant, il ne faut pas oublier que sa construction émet aux alentours de 9,5 tonnes eq CO2 dans l’atmosphère, et que c’est à partir de 100 000 km (en supposant de passer de 10L à 7L/100km) qu’il émettra réellement moins de CO: quand le bénéfice sur la consommation aura compensé les émissions à la fabrication. Les inventeurs de la prime à la casse s’en sont bien cachés, mais il est parfois plus judicieux pour le climat de prolonger la vie de son ancien véhicule (pour peu qu’il satisfasse aux normes anti-pollution) et de pratiquer l’éco-conduite : piloter en souplesse et moins vite (vous ne perdez que 2 minutes sur 50 km en roulant à 120 km/h sur autoroute), démarrer en douceur surtout à froid, gonfler ses pneus, éviter les galeries et la climatisation permet de diminuer sa consommation jusqu’à 20% !